Entre Ramatuelle et La Croix-Valmer, le col de Collebasse n’a rien d’un géant alpin. C’est pourtant un passage très utile pour comprendre la presqu’île de Saint-Tropez: un relief bas, des pistes forestières, des vues ouvertes sur le golfe et, surtout, un accès direct à plusieurs espaces naturels protégés. Dans cet article, je précise ce qu’on trouve vraiment sur place, quels itinéraires valent le détour et comment organiser une sortie simple, réaliste et agréable.
Ce qu’il faut savoir avant de partir
- Le site se situe dans le massif des Maures, sur la D93 entre Ramatuelle et La Croix-Valmer, à environ 129 à 131 m d’altitude.
- Ce n’est pas un grand col de haute montagne, mais un point de passage panoramique très pratique pour rayonner vers le littoral.
- Les sorties les plus intéressantes sont courtes à moyennes: 5 à 10 km en randonnée, avec un dénivelé généralement modéré.
- Le secteur se prête bien au vélo route, à la marche et à une journée combinant mer, maquis et points de vue.
- En été, je vérifie toujours l’accès aux massifs forestiers avant de partir, car le risque incendie peut changer la donne.
- Pour la vanlife, mieux vaut viser une aire autorisée ou un camping que tenter un stationnement sauvage sur les pistes.
Le col de Collebasse, un passage côtier plus qu’un col alpin
Je préfère le dire franchement: ici, on est sur un petit col varois du massif des Maures, pas sur un col de haute montagne. L’intérêt ne vient pas de l’altitude, mais de la position: la D93 relie Ramatuelle et La Croix-Valmer en franchissant ce point haut d’une centaine de mètres, ce qui en fait une porte d’entrée naturelle vers le sud de la presqu’île.
Les traces de randonnée et de vélo le placent autour de 129 à 131 m d’altitude, avec des montées courtes mais pas anecdotiques. Selon le versant choisi, on trouve des profils d’environ 1,6 à 2,9 km pour 73 à 90 m de dénivelé à vélo, ou des boucles pédestres autour de 8 à 10 km pour 250 à 330 m de D+. C’est assez pour faire monter le rythme, sans transformer la sortie en expédition.
Le décor compte autant que la pente: pins, chênes-lièges, pistes larges, vues sur la Méditerranée et, par endroits, une impression d’espace rare sur ce secteur très fréquenté. C’est précisément ce mélange de douceur et d’ouverture qui fait la valeur du site; on comprend mieux pourquoi il sert de point de départ à des balades très différentes. Et c’est justement ce contraste qui rend le secteur intéressant pour des publics très variés.

Pourquoi ce secteur plaît autant aux marcheurs et aux cyclistes
Le secteur fonctionne parce qu’il propose une difficulté lisible. Un randonneur peut viser une boucle d’une demi-journée sans se perdre dans un relief compliqué; un cycliste trouve une montée courte, roulante mais suffisante pour travailler l’allure; un voyageur en van, lui, y voit un bon point de départ pour rayonner sans multiplier les longs transferts.
Dans les faits, les itinéraires les plus cités autour du col donnent une bonne idée du terrain: une boucle pédestre de 8,17 km avec environ 255 m de D+, une sortie facile vers l’Escalet à 5,41 km, ou encore une traversée de 9,9 km depuis le col jusqu’à la plage du Brouis, avec 264 m de D+. À vélo, on reste sur des montées courtes et modérées, souvent autour de 3 à 4,5 % de moyenne, ce qui reste accessible à un cycliste habitué.
Le point important, c’est que la récompense n’est pas seulement sportive. On vient aussi pour la succession de paysages: un versant boisé, une crête dégagée, puis le littoral, souvent avec une transition très nette entre le maquis et les plages. C’est un terrain idéal pour une sortie photo, une marche familiale un peu ambitieuse ou une reprise sportive sans pression. Reste à choisir l’itinéraire qui correspond vraiment à votre tempo.
Les itinéraires qui valent vraiment le coup
Pour gagner du temps, je résume ici les formats les plus utiles. Ce sont ceux qui donnent le meilleur rapport effort-paysage, sans vous faire perdre une demi-journée dans des détours inutiles.
| Itinéraire | Distance / dénivelé | Niveau | Pourquoi je le retiens |
|---|---|---|---|
| Boucle depuis La Croix-Valmer via la crête | 8,17 km / +255 m | Moyen | Un chemin de crête vers Ramatuelle avec vue sur le golfe de Saint-Tropez et la baie de Cavalaire. |
| Vers l’Escalet par le sentier côtier | 5,41 km / +92 m | Facile | Idéal si vous voulez une marche courte, très lisible, avec un vrai retour plage à l’arrivée. |
| Jusqu’à la plage du Brouis puis Gigaro | 9,9 km / +264 m | Facile à moyen | Bon compromis entre terre et mer, avec une sortie assez complète sans être trop technique. |
| Passage à vélo par la D93 | 10,3 km / D+ 155 m | Accessible | Une montée modérée qui fonctionne bien pour une sortie route, à condition d’éviter les heures chargées. |
Dans cette zone, je conseille de ne pas surcharger la journée. Le secteur est assez riche pour que un seul itinéraire bien choisi suffise. En pratique, les erreurs les plus courantes sont simples à éviter: partir en plein après-midi en été, confondre pistes ouvertes et chemins librement accessibles, sous-estimer l’effet d’un vélo chargé sur une pente régulière, ou vouloir cumuler col, plage et grande randonnée en une seule demi-journée.
Quand on garde le bon tempo, la sortie reste fluide et agréable. Et une fois l’itinéraire choisi, le plus intéressant devient souvent la chaîne de sites naturels qu’on peut enchaîner dans la même journée.
Les grands sites naturels à combiner avec la sortie
Le col n’est vraiment parlant que si on le replace dans son environnement. Autour de lui, il y a plusieurs sites naturels qui justifient à eux seuls le détour, et qui transforment une simple traversée en vraie escapade.
Cap Lardier
Le Cap Lardier est l’un des grands atouts du secteur: un espace largement préservé, avec une côte encore très peu urbanisée et des vues qui donnent immédiatement le sentiment d’être ailleurs. Le domaine dépasse 6 km de côte non urbanisée et reste en grande partie accessible par le sentier du littoral. C’est, à mes yeux, le meilleur choix si vous cherchez le versant le plus sauvage de la presqu’île.
Cap Taillat
Cap Taillat joue une autre carte, plus emblématique: son isthme sableux, ses passages littoraux et ses panoramas sur les deux caps voisins en font un site très photogénique. Il offre plus de 2,5 km de sentier littoral aménagé et se rejoint depuis Gigaro ou l’Escalet. C’est une sortie que je recommande volontiers quand on veut un itinéraire lisible, beau et suffisamment varié pour plaire à des niveaux différents.
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Cap Camarat et l’Escalet
Cap Camarat apporte une dimension plus ouverte, avec son phare perché à 180 m et des vues très larges sur le littoral. L’Escalet, lui, sert souvent de porte d’entrée idéale vers le sentier côtier. L’office de tourisme de Ramatuelle recense d’ailleurs plusieurs segments qui relient Cap Camarat, l’Escalet et l’isthme du cap Taillat, ce qui confirme le rôle de cette zone comme colonne vertébrale des balades locales.
Si vous devez choisir une seule combinaison, je ferais simple: col + Escalet pour une sortie courte, col + Cap Taillat pour la carte postale méditerranéenne, ou col + Cap Lardier si vous privilégiez le côté plus brut et plus forestier. Cette logique évite de courir après trop de sites à la fois et laisse de la place à la vraie découverte.
Quand y aller et comment éviter la mauvaise surprise
Sur ce secteur, je privilégie le printemps et le début de l’automne. La lumière est meilleure, la chaleur moins écrasante et les sentiers se parcourent sans se battre contre la fatigue. En été, je pars très tôt, j’évite les heures de plein soleil et je vérifie le matin même l’accès aux massifs forestiers du Var, publié quotidiennement par la préfecture.
Concrètement, il faut retenir trois choses: les pistes peuvent être fermées ou déconseillées selon le risque incendie, certaines voies restent privées ou réservées aux piétons, et le stationnement improvisé est rarement une bonne idée. Pour une demi-journée, j’emporte au moins 1,5 litre d’eau par personne; pour une sortie plus longue ou par forte chaleur, je passe volontiers à 2 litres ou davantage. En vélo, deux bidons pleins ne sont pas du luxe.
Je conseille aussi de ne pas confondre site naturel et terrain libre. Ici, les barrières, la signalisation et les sentiers balisés existent pour une raison: protéger un espace méditerranéen fragile et éviter les erreurs que l’on paie vite, surtout en saison sèche. Si la carte du jour n’est pas favorable, il vaut mieux décaler la sortie que s’entêter.
Pour la vanlife, la bonne approche est simple: dormir dans un camping ou une aire autorisée, faire le col à pied ou à vélo au lever du jour, puis redescendre pour la plage ou le marché. Le secteur se prête très bien à cette logique, mais il supporte mal l’occupation sauvage des pistes forestières. Une fois ce cadre posé, on évite la plupart des déconvenues.
La meilleure façon d’en faire une vraie escapade nature
Si je devais construire la sortie idéale, je choisirais un seul objectif principal: marche courte, boucle panoramique ou passage à vélo. J’y ajouterais un deuxième temps simple, soit une plage, soit un village, mais pas les deux au prix d’une journée trop chargée. C’est la meilleure façon de profiter du coin sans transformer une belle demi-journée en course contre la montre.
- Départ tôt depuis Ramatuelle ou La Croix-Valmer.
- Une boucle unique, pas trois itinéraires collés les uns aux autres.
- Une halte baignade à l’Escalet, Gigaro ou sur le littoral selon l’énergie du jour.
- Retour avant la chaleur forte ou avant l’affluence de fin d’après-midi.
À mes yeux, c’est ce qui fait la force de ce passage: il ne promet pas une grande traversée alpine, mais une transition très lisible entre route, maquis et mer. Bien préparé, ce col devient un point d’ancrage excellent pour une journée nature dans le Var, surtout si l’on aime marcher juste ce qu’il faut et garder du temps pour le paysage.
